Coupure aux Seychelles : Arriver à Mahé et Organiser Deux Semaines Sans Rideau

Il y a des pauses que l'on prend entre deux dates, et il y a celle que l'on prend quand la saison est finie : plus de programme, plus de train à six heures, plus de loge. Pour celle-là, un week-end en Normandie ne suffit pas. Il faut un endroit où le décalage horaire est faible, où l'on parle français sans effort et où l'on peut passer deux semaines sans ouvrir un agenda. Les Seychelles cochent les trois cases : trois heures de décalage en hiver, le créole et le français compris partout, et une île principale, Mahé, assez petite pour qu'on cesse vite de vouloir tout voir.

Le vol, et pourquoi il n'y a pas de bonne heure d'arrivée
Depuis Paris, on arrive à Mahé soit en vol direct saisonnier, soit, le plus souvent, par le Golfe : Dubaï, Doha ou Abou Dabi, avec une escale de quelques heures et un second vol de quatre heures et demie au-dessus de l'océan. Istanbul et Addis-Abeba font la même chose avec d'autres compagnies. Dans tous les cas, le total frôle les quatorze heures porte à porte, et l'atterrissage tombe soit au milieu de la nuit, soit en fin de matinée après une nuit blanche. C'est ce point-là qu'il faut accepter avant de réserver : le premier jour n'est pas un jour de vacances, c'est un jour de récupération, exactement comme le lendemain d'une dernière.
L'aéroport de Pointe Larue
L'aéroport international des Seychelles, code SEZ, est posé sur une bande de terre gagnée sur l'océan le long de la côte est de Mahé, à dix kilomètres au sud de Victoria. Il a ouvert en 1971 et la reine Élisabeth II l'a inauguré l'année suivante ; avant cela, l'archipel ne se rejoignait que par bateau, en plusieurs jours de mer. L'aérogare est restée à taille humaine : un seul terminal international, une petite aérogare domestique à côté pour les vols d'Air Seychelles vers Praslin, et une piste unique de près de trois kilomètres qui accueille pourtant des gros-porteurs. On traverse l'immigration en quinze à trente minutes selon le nombre d'avions arrivés en même temps, on récupère les bagages dans un hall qui tient dans le regard, et on sort directement dans la chaleur, sous les palmiers, sans couloir interminable. Pour quelqu'un qui connaît par cœur les hubs européens, c'est presque déroutant de simplicité.
Avant de passer la porte, deux gestes utiles : retirer des roupies seychelloises au distributeur du hall, parce que les petits commerces et les bus n'acceptent que les espèces, et vérifier où attend le véhicule que l'on a réservé. Le site aeroportseychelles.fr tient à jour les arrivées en temps réel, les tarifs des taxis par destination et les loueurs qui livrent au terminal ; je l'avais ouvert dans l'avion de Dubaï pour savoir à quoi m'attendre à la sortie, et tout correspondait.
Taxi, transfert ou voiture : la question du premier soir
À la sortie des arrivées, la station de taxis officielle est à vingt mètres. Compter quinze à vingt euros pour Victoria, vingt-cinq à trente-deux pour Beau Vallon, davantage la nuit et avec les bagages, et surtout convenir du prix avant de monter, parce que les compteurs ne sont pas systématiques. Après un vol de nuit, j'avais préféré un transfert réservé à l'avance : prix fixe, chauffeur avec un panneau au nom de l'hôtel, pas de négociation à deux heures du matin. Pour un séjour où l'on compte bouger, la voiture de location devient vite le choix évident, à partir d'une quarantaine d'euros par jour, livrée au terminal. Mais pas le premier soir : conduire à gauche sur des routes étroites et en pente, de nuit, après quatorze heures de voyage, est exactement le genre de chose qu'un metteur en scène interdirait à sa troupe la veille d'une première.
Bon à savoir : le bus public SPTC relie l'aéroport à Victoria pour moins d'un euro, mais sans place pour une grosse valise. C'est l'option du retour, quand on part léger faire une dernière course en ville, pas celle de l'arrivée.
Organiser deux semaines sans programme
Le piège, pour quelqu'un qui vit de calendriers, est de remplir les deux semaines comme une tournée. Mahé fait vingt-huit kilomètres de long sur huit de large : on en fait le tour en une journée, et c'est précisément ce qu'il ne faut pas faire. La formule qui a marché pour moi a été de couper le séjour en deux. Une semaine au nord, du côté de Beau Vallon, avec la voiture, pour rayonner sans contrainte vers les plages du nord-ouest et le parc du Morne Seychellois, où les sentiers grimpent dans la brume au-dessus de la mer. Puis une semaine à Praslin, atteinte en quinze minutes de vol depuis la petite aérogare domestique ou en une heure de ferry depuis le port de Victoria, sans voiture du tout, avec le vélo et les bus.
- Les plages du sud de Mahé — Anse Intendance et Takamaka, à quarante minutes de l'aéroport, avec des vagues qui interdisent la baignade mais pas la marche.
- Victoria le samedi matin — le marché Sir Selwyn Clarke, le poisson, les épices, et une capitale qui se visite à pied en une heure.
- La Vallée de Mai à Praslin — la forêt de cocos de mer, inscrite à l'Unesco, à parcourir tôt le matin avant les groupes.
- La Digue depuis Praslin — une journée, un vélo, et la plage d'Anse Source d'Argent avec ses rochers de granit qui figurent sur toutes les affiches.
Les erreurs que l'on ne fait qu'une fois
Sous-estimer la pluie : il peut tomber une averse tropicale chaque après-midi entre décembre et février, courte mais violente, et les routes de montagne se transforment en torrents. Oublier que les prix sont ceux d'une île qui importe tout : un déjeuner simple coûte le prix d'un bon restaurant parisien, et l'eau en bouteille se paie. Et croire que l'on peut faire Mahé, Praslin et La Digue en une semaine : on le peut, mais on revient aussi fatigué qu'en partant, ce qui ôte à la coupure tout son intérêt.
Le retour
Le vol de retour part presque toujours en soirée ou en pleine nuit, ce qui laisse une dernière journée complète. Le mieux est de rendre la voiture au terminal en fin d'après-midi, de dîner à Anse Royale, à vingt minutes de l'aéroport, et d'arriver trois heures avant le vol : le terminal est petit, mais quand deux gros-porteurs partent dans la même heure, l'enregistrement et le contrôle prennent du temps. On atterrit à Paris le lendemain matin avec le même décalage de trois heures dans l'autre sens, à peine perceptible. Et avec, pour la première fois depuis des mois, aucune idée de ce que l'on fait la semaine suivante. C'est tout l'intérêt.